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Le conflit en Syrie est particulièrement représentatif des guerres contemporaines, impossibles à terminer en raison de la faiblesse politique extrême de nos pays. Les combats doivent s’arrêter « pour raison humanitaire », les ennemis doivent être évacués « pour raison humanitaire », toute attaque de l’armée régulière est condamnée par la presse occidentale en raison des « conséquences humanitaires ». Et avec toutes ces raisons « humanitaires », les  conflits continuent, se régénèrent, gangrènent, blessent, tuent, désespèrent. Conflit secondaire, le conflit syrien dépendra de la résolution de la crise géopolitique majeure, dans laquelle il n’est que partie. Et ce conflit primaire se porte à merveille.
L’on ne compte plus les déclarations de victoire de part et d’autre des différentes coalitions présentes en Syrie, des parades de Victoire, des concerts, des tweets et statistiques expliquant la fin du terrorisme en Syrie, sans pour autant que le clan atlantiste ne reconnaisse la victoire d’Assad. Et à chaque fois, les attaques reprennent. Car la guerre n’est pas finie.
Il faut dire que ce conflit est étrange. L’on doit faire la guerre, mais de manière … humanitaire. Donc des corridors « humanitaires » permettent aux terroristes de tranquillement partir en donnant leur parole d’honneur (et ce sont des gens d’honneur, pourquoi ne pas les croire?) de devenir de gentils garçons pacifiques, ils sont exfiltrés dans la région de leur choix et en pleine considération des priorités « humanitaires » reprennent les armes. Des zones de désescalades sont créées pour des « raisons humanitaires », formant de facto des îlots de terrorisme, que l’armée régulière syrienne ne peut attaquer, zones qui offrent des civils en otage aux groupes terroristes (comme dans le camp de Roukban, dont l’accès est bloqué par la coalition américaine et l’aide humanitaire distribuée aux terroristes).
Tout se passe comme s’il ne fallait pas gagner cette guerre. Lorsque la base russe  est à nouveau la cible d’attaques des terroristes, lorsque l’armée régulière combat les groupes terroristes pour reprendre les territoires, voici que l’on ressort la même litanie médiatique : les « rebelles » victimes du « régime » d’Assad. Ces rebelles sont membres des groupes terroristes et Assad est le dirigeant légitime du pays. Mais peu importe. Une association hautement indépendante, l’UOSSM, ressort pour Libération le scénario-catastrophe habituel (les Casques blancs se sont quand même trop discrédités avec leurs montages grossiers):

«La région connaît les pires attaques depuis quinze mois. Quatre hôpitaux ou centres de santé ont été détruits dans les provinces d’Idlib et de Hama», selon l’Union des organisations de secours médical (UOSSM).

Mais l’on trouve discrètement l’information selon laquelle, cette ONG aurait été trustée par les Frères musulmans … avec la complicité des pays occidentaux, qui n’y voient rien à redire, car elle participe activement à la propagande anti-Assad.

Lorsque l’armée régulière syrienne contre-attaque, voici la présentation faite sur RFI:

Vingt-six combattants ont été tués lors d’affrontements entre les forces gouvernementales syriennes et des jihadistes lundi 6 mai dans le nord-ouest de la Syrie, où le pouvoir et son allié russe ont intensifié les frappes ces derniers jours.

Un peu plus bas, l’on peut quand même lire que ces victimes d’Assad et de la Russie sont … des  petits gars sympas de l’ancienne Al Quaïda.
Ce conflit est vraiment révélateur de cette époque de « pourrissement » du politique : l’on négocie l’après-guerre avant que de l’avoir gagnée; l’on évacue les ennemis, car l’ennemi n’existe plus, il n’est qu’un homme qu’il suffit de pardonner pour qu’il revienne dans le droit chemin; l’on accorde de trèves, permettant aux ennemis de reconstituer leur force. Finalement, l’on fait durer un conflit, par incapacité de réellement prendre une décision politique et, surtout, de la maintenir jusqu’au bout. Car la négociation permanente a remplacé la stratégie à long terme et chaque réunion du Conseil de sécurité de l’ONu permet de redonner du souffle aux terroristes, « pour des raisons humanitaires ».