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Le renouvellement de la moitié de la chambre haute à l’issue des élections sénatoriales, dimanche 27 septembre, n’a pas bouleversé les grands équilibres politiques au palais du Luxembourg, où la principale nouveauté est la reconstitution d’un groupe écologiste.

► Les Républicains progressent

La progression n’est pas spectaculaire, mais le groupe LR pourrait être le seul à voir ses effectifs augmenter, en passant de 144 à 150 membres environ. François Baroin, président LR de l’Association des maires de France, l’avait pronostiqué : dans la foulée des municipales, la droite allait progresser aux sénatoriales. Le collège électoral de ce scrutin indirect est en effet composé à 95 % de délégués des communes.

Bruno Retailleau, président du groupe LR, est sans surprise nettement réélu en Vendée, avec toute sa liste d’union de la droite (LR-UDI). Même succès dans les Alpes-Maritimes, où LR rafle l’ensemble des sièges. Parmi les entrants figurent notamment la députée Valérie Boyer (Bouches-du-Rhône) et plusieurs présidents de conseils départementaux (Charente, Deux-Sèvres, Somme, Vienne). Mais aussi des dissidents, comme Alain Cadec, président du conseil départemental des Côtes-d’Armor, ou Étienne Blanc, proche de Laurent Wauquiez et ancien candidat à la mairie de Lyon.

« Ce soir, la majorité sénatoriale de droite et du centre est confortée, s’est aussitôt félicité Gérard Larcher. Les grands électeurs ont signifié aujourd’hui qu’ils veulent que le Sénat soit à la fois ouvert et un contre-pouvoir exigeant, participant à un rééquilibrage des pouvoirs au profit des collectivités ». Outre la droite, sa majorité s’étend jusqu’à une partie du centre.

► Bilan contrasté au centre

Composante de la majorité de Gérard Larcher et réunissant des parlementaires de droite (UDI) et de centre (MoDem), l’Union centriste devrait se maintenir à une cinquantaine de sénateurs. Même stabilité pour le groupe LREM, avec 23 élus, qui sauve finalement le siège de son président, François Patriat (ex-PS). Les deux ministres en lice, Sébastien Lecornu (Eure) et Jean-Baptiste Lemoyne (Yonne), l’emportent mais ne siégeront pas pour l’instant au Sénat. Est également élu le député LREM Philippe Folliot (Tarn), président de l’Alliance centriste.

Les autres groupes au centre de l’hémicycle devraient perdre quelques membres. D’une part, Les Indépendants – République et territoires (LI-RT), dont le président Claude Malhuret (ex-LR) est cependant réélu. François Patriat ambitionne de fusionner les deux groupes au sein d’un seul, sous la dénomination « Renaissance et territoires » ou « Libertés et territoires ». D’autre part, l’historique Rassemblement démocratique et social européen (RDSE), menacé à chaque renouvellement.

Des reclassements sont possibles entre ces entités, souvent refuges des élus sans étiquette partisane ou d’outre-mer. En leur sein se retrouvent des parlementaires de droite, de centre et de gauche, les parcours personnels et les affinités géographiques ou philosophiques l’emportant sur les clivages politiques nationaux.

► Un groupe écologiste à gauche

Tout en restant le second en effectifs, le groupe PS devrait diminuer de 70 à 65 sénateurs environ. Il ne parvient pas à retrouver tous les sièges de ses anciens membres partis à LREM, en particulier celui de François Patriat en Côte-d’Or. Lors de la soirée électorale sur Public Sénat, son président, Patrick Kanner, l’a expliqué par la division de la gauche dans certains départements. Avec néanmoins une consolation : l’arrivée de Rémi Cardon, 26 ans, qui est le plus jeune sénateur de l’histoire. Le PS garde par ailleurs assez de membres pour saisir le Conseil constitutionnel (il faut au moins 60 signatures).

Toujours à gauche, les écologistes atteignent, eux, leur objectif : reconstituer un groupe. Celui-ci devrait comporter une douzaine d’inscrits : dix EELV ou apparentés, dont six nouveaux, une sénatrice de Génération-s (le parti de Benoît Hamon) et un régionaliste de Femu a Corsica. Avec l’élection de Paul Toussaint Parigi en Haute-Corse, les autonomistes corses sont pour la première fois représentés au Sénat, après l’Assemblée nationale en 2017. Cette nouvelle entité prend deux sièges au PCF et à ses alliés, qui gagnent par ailleurs un élu.

Enfin, le RN (ex-FN), qui avait remporté deux sénateurs en 2014 (Bouches-du-Rhône et Var), n’en conserve plus qu’un avec la réélection de Stéphane Ravier, malgré la perte de son secteur à Marseille.

La Croix