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L’interdiction des véhicules polluants de Crit’Air 4 et 5 dans 79 communes d’Île-de-France, entrée en vigueur ce mercredi, est symptomatique d’une pratique exclusivement punitive de l’écologie. S’il est nécessaire d’impulser un remplacement progressif du parc automobile pour limiter les émissions d’oxydes d’azote et de particules fines, nocives pour notre santé, c’est davantage la méthode qui peut interroger sur sa pertinence et son efficacité.

Les limitations de circulation et interdictions pures et simples n’empêcheront pas les véhicules diesel de circuler ; l’insuffisance et la complexité des aides empêcheront en revanche leurs propriétaires de s’équiper de véhicules propres ! 7000€ d’aides pour un véhicule électrique, 2000€ pour un hybride, et ce après des démarches alourdies par notre bureaucratie galopante : voilà qui ne suffit pas à convaincre un foyer modeste de réaliser cet investissement.

Curieuse politique publique qui ne cherche pas à inciter mais se contente de punir, décidée dans quelques centres urbains pour handicaper une majorité silencieuse d’automobilistes dont le véhicule est le premier outil de travail. A force de ne viser que certaines pollutions domestiques – qui doivent être traitées – certains en oublieraient les enjeux essentiels : le choix de la politique énergétique pour approvisionner un parc de véhicules électriques ; le choix de modèle économique, pour enrayer les pollutions massives des importations venant du bout du monde.

Cette interdiction brutale participe d’une vision de l’écologie « spectaculaire », avec des effets d’annonce et des contraintes extrêmement fortes, sans pour autant mettre en œuvre les incitations financière qui seraient efficaces.

Les échéances se rapprochent à grand pas : en juillet 2022, ce sont les véhicules classés Crit’Air 3 qui ne pourront plus circuler dans les métropoles, suivis de l’ensemble des véhicules diesel restants au 31 décembre 2023. De quoi renforcer une fracture géographique adossée au mépris de certains citadins : en province les diesel, dans nos villes les Tesla et trottinettes électriques.

Revenons à une vision humaine et incitative de l’écologie :

Mettons en œuvre des aides à l’équipement conséquentes avec une démarche administrative unique et sans délai

Retardons les échéances d’interdiction pour les véhicules Crit’Air 2 et 3 Développons les réseaux de transport en commun propre sur l’ensemble du territoire

Lançons un plan ferroutage qui relancera le transport par le rail, seule vraie alternative au transport routier et qui permettra de retisser le territoire par son réseau ferré

Retrouvons une politique énergétique de bon sens qui minimise les émissions induites pour fournir en électricité les véhicules électriques qui prendront une part toujours plus importante dans notre parc automobile

Nicolas Dupont-Aignan Président de Debout la France Député de l’Essonne Candidat à l’élection présidentielle 2022

Nicolas Dupont-Aignan